QU'EST CE QUE LE PALUDISME

Epidémiologie

 

Le paludisme touche une centaine de pays dans le monde, particulièrement les zones tropicales défavorisées d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine (voir carte).

L'Afrique est, de loin, le continent le plus touché avec 90% des cas de paludisme recensés dans ses zones tropicales.

Des épidémies peuvent survenir lors de mouvements de populations peu exposées au paludisme vers des zones hautement endémiques.
L'Europe connaît des cas de paludisme dits d'importation.

En France, en 1999, plus de 7000 cas ont été rapportés dont une vingtaine de décès : 95 % ont été contractés lors d'un voyage en Afrique subsaharienne.

La majorité de ces cas survient chez des personnes n'ayant pas suivi de prophylaxie.

Quatre espèces de parasites du genre Plasmodium sont responsables de la maladie chez l'homme :
- Plasmodium falciparum est l'espèce la plus pathogène et responsable des cas mortels. Elle est présente dans les zones tropicales d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Asie, et elle est dominante en Afrique.
- Plasmodium vivax co-existe avec P. falciparum dans de nombreuses parties du monde, et est présente dans certaines régions tempérées.
- Plasmodium ovale, principalement trouvée en Afrique de l'ouest, ne tue pas mais peut entraîner des rechutes 4 à 5 ans après la primo infection.
- Plasmodium malariae a une distribution mondiale mais très inégale. Elle n'est pas meurtrière mais peut entraîner des rechutes jusqu'à 20 ans après la primo infection.


Transmission

 

Le paludisme est transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle, du genre Anopheles, elle-même infectée après avoir piqué un homme impaludé : la femelle, en prenant le repas de sang nécessaire à sa ponte, injecte le parasite à son hôte. Les mâles ne piquent pas.
La transmission de Plasmodium d'un homme à un autre se fait donc par l'intermédiaire du moustique, le principal en cause étant Anopheles gambiae (voir Les moustiques anophèles vecteurs du paludisme). Il existe un seul cas de contamination inter-humaine directe, lorsqu'une femme enceinte infectée contamine son enfant par voie transplacentaire.


Cycle du parasite (consultez ce site pour une explication animée)

 

Le cycle de Plasmodium est complexe et comporte deux étapes essentielles : un cycle asexué chez l'homme, et un cycle sexué chez le moustique.
L'anophèle femelle injecte à l'homme le parasite sous forme de "sporozoïte".

Celui-ci migre rapidement, via la circulation sanguine, vers le foie.

 Il pénètre dans la cellule hépatique, où il se divise très activement pour donner naissance, en quelques jours, à des dizaines de milliers de nouveaux parasites : les "mérozoïtes".

La cellule du foie éclate en libérant ces parasites dans le sang: là, ils pénètrent à l'intérieur des globules rouges et se multiplient.

Lorsque ces derniers éclatent à leur tour, les mérozoïtes libérés dans la circulation sanguine infectent de nouveaux globules rouges.
A chaque cycle de réplication des mérozoïtes, des parasites sexués mâles et femelles (gamétocytes) sont formés à l'intérieur des globules rouges. Lorsqu'un moustique pique une personne infectée, il ingère ces gamétocytes, qui se transforment en gamètes.

Leur fécondation engendre un zygote, qui se différencie en oocyste dans le tube digestif du moustique.

 Les oocystes produisent des sporozoïtes, qui migrent vers les les glandes salivaires du moustique.

Un nouveau cycle peut alors commencer.
Les rechutes tardives de paludisme observées lors d'infections par P.vivax et P. ovale sont dues à la possibilité pour ces espèces de subsister sous une forme latente ("hypnozoïte") dans la cellule hépatique de l'homme.


Symptômes

 

Les manifestations cliniques du paludisme sont très diverses.

Le paludisme débute par une fièvre 8 à 30 jours après l'infection, qui peut s'accompagner - ou non - de maux de tête, de douleurs musculaires, d'un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux.

Des cycles typiques alternant fièvre, tremblements avec sueurs froides et transpiration intense, peuvent alors survenir : c'est " l'accès palustre". La périodicité de ces cycles dépend de l'espèce de parasite en cause, et coïncide avec la multiplication des parasites et l'éclatement des globules rouges, qui conduit également à l'anémie.

Le paludisme à P. falciparum peut être fatal s'il n'est pas traité.

Dans certains cas, les globules rouges infectés peuvent bloquer les vaisseaux sanguins irriguant le cerveau : c'est le neuropaludisme, souvent mortel.

Dans les régions où le paludisme est hautement endémique, les personnes sont tellement souvent infectées qu'elle finissent par être naturellement immunisées (" immunité acquise "), généralement après de nombreuses années d'infection chronique, et sont alors des porteurs plus ou moins asymptomatiques du parasite.

 



Article ajouté le 2005-10-12 , consulté 250 fois

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